Histoires d’eau et coeur d’Alsace

© C. Meyer
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Le Grand Ried est l’écrin dont la forêt de l’Ill constitue le joyau. Au centre même de la région, à cheval entre les deux départements, la saison d’hiver devient le témoin de métamorphoses saisissantes. Débordements et jubilations naturalistes sont au rendez-vous.

Ici, dans le cœur humide de l’Alsace, on vit au rythme de l’eau. Les crues hivernales et les remontées de la nappe phréatique marquent le point culminant d’un saisissant relief paysager. Vous êtes sur les terres de l’Illwald, classé Réserve naturelle régionale du Ried de Sélestat. Un territoire de près de 2000 hectares, considéré comme l’une des plus grandes forêts alluviales de France. L’Ill se ramifie sur ces terres selon un parcours complexe, à l’image de la diversité de l’écosystème qu’il traverse. La réserve comprend plus de 35 espèces d’arbres et d’arbustes et abrite des mammifères remarquables. Le castor, marqueur irréfutable d’équilibre naturel, y prospère, tandis que les foulées de la harde des daims soulèvent sous leurs sabots de grandes gerbes aquatiques jaillissant du tapis verdoyant de la forêt humide.
Parmi les 141 espèces d’oiseaux, l’observation de spécimens comme le courlis cendré et le busard des roseaux passionne les naturalistes. Du côté des amphibiens et des reptiles, le sonneur à ventre jaune compte comme une espèce remarquable parmi les 14 variétés recensées. Quant aux libellules, ce sont 32 espèces qui ont pris racine sur le site.
La création de la réserve, un 13 mars 1995, avait pour objectif de préserver une zone humide exceptionnelle, au cœur de l’Alsace Centrale, reconnue au niveau européen. La Ville de Sélestat, propriétaire de près de 85 % des terres, est également protagoniste d’une dynamique participative de préservation de l’habitat qui réunit des acteurs de terrain comme les propriétaires fonciers et les exploitants agricoles. L’homme et la nature se côtoient dans une perpétuelle recherche d’équilibre, les eaux vives constituant ici une ressource précieuse que l’on retrouve jusque dans les robinets des demeures d’hominidés.

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Focus

Kess à dire ?

Le mot « ried » est apparenté au vocable « rieth » signifiant « roseaux » en vieil alémanique. Le « Grand Ried » est une plaine qui s’étend entre le Rhin et l’Ill et recueille leurs crues hivernales. « Illwald » signifie en alsacien « forêt de l’Ill ». Autrement dit une étendue verte amphibie propice à l’éclosion d’une faune et d’une flore rares et exceptionnelles.