Les rendez-vous alsaciens du phénomène Léo

sur les pas de leo
La salle de restaurant de la maison Kammerzell
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De Lampertheim à Sélestat, en passant par Haguenau et Strasbourg, s’impose un itinéraire fabuleux sur les traces de l’artiste inclassable que fut Léo Schnug. En voici les repères.

Bien que né à Strasbourg, le jeune Léo passe sa jeunesse à Lampertheim, dans le village natal de sa mère, Marguerite Lobstein. Une rue de la commune porte son nom et l’escalier d’honneur de l’Hôtel de ville arbore son tableau intitulé « Der von Tierstein » représentant une scène de tournoi médiéval datée de 1911. Le visiteur se rendra également au cimetière du village pour un temps de recueillement devant la tombe du peintre.

Le Musée Historique de Haguenau abrite des commandes réalisées par Léo Schnug en 1903 : un splendide vitrail représentant le « Jugement de Richard Cœur de Lion » situé à l’accueil et un décor monumental en céramique figurant à l’entrée du musée.

A Strasbourg, le restaurant le plus fameux de la capitale alsacienne, la Maison Kammerzell, s’est vu doté d’un ensemble de fresques magnifiques d’une grande homogénéité. Léo Schnug y a peint les remparts de la ville, une Nef des fous, le Repas d’un condamné, le Supplice de Tantale… La gastronomie et le bon vin sont célébrés à travers cette première œuvre murale d’envergure, d’inspiration néo-gothique.

© Photos R.A.N.

© Photos R.A.N.

Tout près de là, au N°10 de la place de la Cathédrale, faisant le coin avec la rue Mercière, l’ancienne pharmacie du Cerf, Zum Hirschen, aujourd’hui Boutique Culture, renferme une peinture de l’artiste dans le style médiéval daté de 1904. Léo Schnug s’était vu confier la décoration de la pharmacie en collaboration avec le fameux ébéniste Charles Spindler pour le mobilier.

Le tout premier grand projet du peintre prend corps avec une peinture monumentale relatant « L’entrée solennelle de l’empereur Sigismond à Strasbourg en 1414 ». Réalisée en 1903, elle trône actuellement à l’entrée du Musée Historique de Strasbourg.

Après Strasbourg, l’étape de loin la plus saisissante de notre périple graphique est réservée au château du Haut-Kœnigsbourg. La salle des fêtes et la salle des trophées donnent à découvrir des scènes de tournoi. Le château fut inauguré par l’empereur Guillaume II le 13 mai 1908 avec un grand défilé historique. Léo Schnug, lui-même follement passionné de costumes, s’y produisit en tenue de hallebardier. Dans la grande salle du banquet, on voit également saint Georges terrassant le dragon sous le regard de l’aigle bicéphale de l’Empire auréolé de l’inscription « Gott mit uns » (« Dieu avec nous »). Un (double) clin d’œil à la gloire de la famille Hohenzollern, raison d’être du plus fameux château médiéval de France et du monde rhénan.