Rats des villes en quête d’images

Patrick Hamm dans sa
caverne d’Ali Baba à deux
pas de la Petite France
Patrick Hamm dans sa caverne d’Ali Baba à deux pas de la Petite France
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De la cave au grenier remontent parfois à la lumière du jour des trésors oubliés ou jalousement conservés. Affiches, cartes postales, ex-libris, livres rares… Voici deux belles adresses strasbourgeoises où trouver son bonheur.

Quai Finkwiller, à deux pas des Ponts couverts, le Grenier de Rathus demeure le rendez-vous incontournable des amoureux de ces ravissantes petites œuvres d’art que sont les cartes postales et les ex-libris. Le maître des lieux, Patrick Hamm, fait autorité en la matière et dispose d’une collection impressionnante de ces publications intimistes que l’on glisse entre les pages de ses lectures préférées. A vue de nez, il y a là 1 500 ex-libris et… 20 000 cartes postales. Hansi et Schnug y tiennent, naturellement, le haut du pavé.

« 1 500 ex-libris !», insiste-t-il. « Vous vous rendez compte, cela signifie 1 500 bibliothèques dispersées dans la région, ailleurs en France ou au-delà du Rhin ». Il aimerait bien mettre la main sur ces trésors mais comment faire ?

La maison mérite bien son nom car Patrick est un fouineur redoutable, toujours sur le point de dénicher une perle rare. Léo Schnug, c’est son chouchou. L’artiste est oublié, certes. Mais il réussit toujours, aujourd’hui encore, à mettre la main sur des ex-libris signés par le fou génial. Il nomme aussi Joseph Sattler, l’autre « possédé » prolifique en matière d’ex-libris, collaborateur de Charles Spindler.

Suivez la voie du rat

© Photos R.A.N.

© Photos R.A.N.

Patrick est un érudit discret, sans fanfare ni trompette. On lui doit un livre remarquable sur les cartes postales, ex-libris et affiches de Léo. L’ouvrage est hélas épuisé, victime de son succès. Comme les autres publications dédiées au peintre favori du Kaiser. Catalogues d’exposition, ouvrages collectifs, tout est parti. Pas de regret ?

« Pas de regret », assure Patrick Hamm. « Si ces ouvrages sont épuisés, cela est signe de qualité et de sérieux. Je me suis fait une règle de ne rien rééditer. Et c’est très bien ainsi ». Il a aussi écrit un livre sur son ami Tomi Ungerer. Le plus récent ouvrage de cet infatigable chercheur d’images made in Alsace, paru il y a deux ans, est consacré à Paul Braunagel. Il y rend hommage à l’artiste strasbourgeois de la Belle Epoque. Il convient peut-être, cette fois, de ne pas tarder à se le procurer.

Creusez, grattez, remuez la poussière, cherchez derrière les meubles et les étagères. La voie du rat papivore est celle à suivre pour dénicher les joyaux cachés qui vous attendent.

Le Grenier de Rathus

03 88 37 91 91

Un look de lansquenet

Encore un petit tour dans l’univers schnuguesque pour ne rien négliger d’un monde romantique et fascinant. En temps de guerre, à côté des princes et des chevaliers, drapés dans leurs tenues rutilantes, il y a les mercenaires, les soudards. Une milice, venue de tous horizons, va se jeter joyeusement dans la mêlée. Léo s’identifie sans doute à ces dernières unités et leur réserve un traitement de faveur. Car cette soldatesque aux allures souvent loufoques ne manque pas de panache. Les lansquenets en particulier, qui arborent des piques de 6 mètres de long, à même de freiner un cavalier en armure au beau milieu de sa course et de le désarçonner. Léo les habille de manches bouffantes et de collants diversement colorés. Décalés, déjantés, parties intimes volontairement mises en valeur à travers leurs tenues, ils feraient sans doute un tabac dans un défilé J.-P. Gaultier. Le peintre les présente sous un jour exhibitionniste, à son image sans doute, portant l’espadon, longue épée à même d’abattre aisément un cheval. Tout est dans la démesure. Du Schnug tout craché.

Galerie Kiwior


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Focus

Chez Ki, chez Kiwi, chez Kiwior

Afin de pousser la recherche encore plus loin en matière d’art régional, on se rendra dans le magnifique appartement où Walter et Julien Kiwior ont installé leurs collections. Le cadre reflète bien l’esprit du quartier impérial de Strasbourg et on se sent transporté par le style néo-gothique. Les œuvres d'artistes majeurs tels que Henner, Honecker, von Seebach ou Kamm sont largement représentées ainsi que quelques créations de Léo Schnug réalisées à partir d’aquarelle, d’encre, de gouache. Un clin d’œil parfois avec une œuvre impertinente de Léo comme cette huile sur toile intitulée « Présentation d’une jeune femme à un vieux bourgeois », ce dernier baveux à souhait devant la belle restée de marbre. Nous nous réservons de réaliser un article complet sur cet incontournable de l’art alsacien.